dimanche 14 mars 2021

PIERRE ET PAUL DANS L'ASCENSEUR

PIERRE ET PAUL DANS L’ASCENSEUR (PPDA) André A. Lafrance et Michel Langouët (autorisation : courriel@andreAlafrance.com) ------- (La porte de l’ascenseur s’ouvre. Paul y entre. Pierre s’y trouve déjà, près du tableau. Venant de la cave. il en rapporte deux bouteilles de vin et une cannette de soda.) Pierre :
Quel étage ? Paul : Au huitième. Merci. Pierre : AH! Nous allons au même étage. (Paul sourit et presse sur le bouton. L’ascenseur démarre. Mouvement des épaules des acteurs. Puis l’ascenseur s’arrête. Mouvement des épaules). Pierre : Pas encore une panne ! Ce n’est vraiment pas le moment. Nous avons des invités. Paul: Et moi, je suis en retard. Ma femme est déjà là. Et j’avais promis de la rejoindre à 20 heures. Elle va encore me reprocher d’arriver toujours en retard. Pierre : J’étais descendu à la cave chercher ces bouteilles et canettes. En tous cas, nous ne mourrons pas de soif. Paul : Ça peut durer longtemps, cette panne ? Pierre : C’est le fusible du moteur qui saute constamment. Cela fait plusieurs fois que j’avise le concierge de faire venir le service d’entretien (Il presse sur un bouton) Je vais l’appeler. Il va changer le fusible… et encore une fois, oublier de faire venir le service… jusqu’à la prochaine panne. Je me présente.Pierre Leuthier. Je demeure au huitième étage. (Paul sort un bout de papier de sa poche. Il le lit). Paul : Mais, moi aussi, c’est au 8ième que je me rends. Au 8ième droite. Pierre : C’est chez moi, le 8ième droite. Paul : C’est DONC chevous que je dois me rendre. Pierre : Vous êtes le père de Catherine ? Paul : Et vous, le père de Vercingétorix ? Pierre : Nos enfants voulaient que leurs parents se rencontrent avant qu’ils n’aménagent ensemble. J’espère qu’ils ne sont pas allés jusqu’à programmer cette panne d’ascenseur ! Paul : Ma fille a beaucoup d’imagination. Mais, comme elle n’a jamais rien compris à la technologie, je doute qu’elle soit capable d’une telle machination. Pierre : Quant à mon fils, s’il bricole bien les moteurs, il manque par ailleurs totalement d’imagination. Paul : Ils ont donc tout ce qu’il faut pour se compléter. Pierre : J’ai rencontré votre fille deux ou trois fois. Elle me semble fort intelligente. J’en suis très heureux pour mon fils. Remarquez bien qu’il n’a pas attendu mon approbation pour se lier à elle. …Comme cela, vous aussi, vous connaissez, bien, mon fils ? Paul : Disons que je l’ai vu plusieurs fois. De là à bien le connaître… Voyez, je ne connaissais même pas votre nom de famille. (Il montre le bout de papier qu’il a consulté.) Pierre : Avec un prénom comme Vercingétorix… on n’a pas besoin de nom. Paul : Je dois vous avouer que Catherine a sa façon toute particulière d’appeler Vercingétorix. Et je ne me souviens pas qu’elle ait utilisé une seule fois devant nous son nom de famille ! Pierre : Je sais que certains de ses amis l’appellent aussi « Mécane » …vu sa passion pour les moteurs. Paul : (un peu gêné) Ce n’est pas tout à fait le surnom qu’elle lui donne. Pierre : Ah bon ? Paul : Elle l’appelle … « Vert-Singe ». C’est son diminutif pour Vercingétorix. Votre fils ne semble pas détester cela. Pierre : C’est sa mère qui lui a donné le prénom de Vercingétorix. Elle trouvait que ça faisait romantique. Paul : Vous étiez d’accord ? Pierre : Ce n’était pas mon problème. Paul : Les femmes ont souvent l’impression que, parce qu’elles l’ont porté pendant neuf mois, leur enfant leur appartient à elles seules. Pierre : D’autant plus que dans le cas de … « Vert-Singe »,.Il y avait déjà plusieurs mois que son père était disparu. Paul : (Un peu perplexe.) Votre femme était veuve à la naissance de votre fils. ?? (Puis il réalise le côté saugrenu de son affirmation.) Pierre : Non, la mère de mon fils était ma maîtresse quand ma première femme m’a quitté. Alors je l’ai épousé et j’ai adopté son fils Vercingétorix comme dote de mariage. Paul : Vous avez d’autres enfants ? Pierre : Non. Ma femme ne veut pas d’enfants. Paul : Je suppose qu’après les difficultés… Pierre : Quelles difficultés ? Paul : (Il hésite) Ce n’est pas toujours facile de donner naissance à un fils sans le soutien d’un père… Pierre : Mais, ma femme n’a jamais eu d’enfant. Elle n’en a jamais voulu Paul : Et Vert-Singe… pardon…ET torix ? Pierre : C’est simple. J’ai adopté le fils de ma deuxième femme. Et ma troisième ne veut pas d’enfant. Paul : (un peu décontenancé) Ah oui, ah oui, ah oui… en effet… Si je comprends bien, la dame que je vais rencontrer est la mère que Vercingétorix aurait pu avoir si vous l’aviez rencontrée en premier. Pierre : Vous savez, je n’ai pas eu beaucoup de chance avec les femmes. Ma deuxième femme qui avait été ma maîtresse, alors que j’étais marié avec la première, m’a quitté un an après notre mariage. Ça s’est passé très vite. Un matin, elle m’a appris qu’elle avait un amant et qu’elle avait décidé de le suivre en Australie. Elle a été très correcte. Elle n’a rien emporté… même pas son fils… qui était devenu le mien. Il fallait bien que je trouve une femme pour s’occuper de la maison et du garçon. Alors, j’ai épousé ma secrétaire, Marie-Ange, avant même qu’elle ne soit devenue ma maîtresse. Elle s’est très bien adaptée à son nouveau rôle. Elle est rentrée dans ma maison et elle n’en est jamais ressortie. Elle devenue la « mère » de Vercingétorix… plus que ma femme, d’ailleurs. Paul: Son père génétique n'était-il pas français? Vu son goût pour la bricole? Pierre: Effectivement ! Je n'ai jamais posé de trop questions à ma deuxième femme sur sa relation avec son ex, mais maintenant, ça va être très difficile de se renseigner sur ses précédents voyages. Paul : (essaie de changer la conversation) Vous croyez que le concierge a entendu votre coup de sonnette ? Pierre : Il doit dormir. Quand ma femme va se rendre compte que nous n’arrivons pas, elle ira le réveiller. Je crois qu’il vaut mieux se mettre à l’aise. (Il enlève sa veste. Il en sort un petit jeu électronique de poche.) J’espère que ça ne vous gêne pas. J’adore ces petits jeux électroniques. Je les trouve relaxants. (Paul regarde Pierre jouer pendant quelques instants.) Paul : Moi, je trouve ça idiot et ça a plutôt le don de m'angoisser. Pierre : Qu’est-ce que trouvez idiot ? Mon petit jeu ? (Il est prêt à se vexer.) Paul : Non. Que les enfants tiennent absolument à ce que leurs parents se rencontrent. Pierre : C'est ma femme qui m'a travaillé depuis longtemps pour provoquer cette rencontre. Elle trouve cela tellement romantique. Elle trouve d’ailleurs tout romantique. Quand elle était ma secrétaire, elle passait tous ses temps libres à lire des petits romans à l’eau de rose. Et maintenant, elle passe ses journées à s’éclater devant la télévision, à regarder des séries qui savent si bien montrer ce qui se passe autour d’elle, sans qu’elle ait besoin d'observer son entourage. J’ai bien averti Élodie que je ne voulais pas entendre parler de ce genre de mièvrerie culturelle. Quand je suis là, plus de futilité virtuelle, plus de roman, plus de télé. Paul : Tiens. Il me semblait que Vert-Singe… enfin…Vercingétorix… m’avait dit que sa mère s’appelait Valérie. Il devait donc s’agir de sa vraie mère et non de votre femme. (Il est très fier de sa déduction.) Pierre : Non, sa vraie mère s’appelle Jasmine. Ma femme, elle, s’appelle bien Valérie. Quant à Élodie, c’est le prénom de ma maîtresse…actuelle. Vous savez… quand on a mon expérience, il faut toujours se garder une poire pour la soif. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Paul : (épuisé) Ah oui, ah oui, ah oui, … Moi, j’ai toujours la même femme depuis plus de vingt ans. Pierre : Vous ne vous ennuyez pas ? Paul : Non. Car on ne fait que se croiser. Moi, je suis au bureau jusqu’à 18 ou19 heures. Et elle, elle passe presque toutes ses soirées à l’extérieur. Pierre : Vous ne l’accompagnez pas. Paul : Je serais de trop. Pierre : (Avec sympathie) Je vous trouve bien magnanime. Si je comprends bien, chacun vit ses envies. Paul : Pour vous dire la vérité, je n’ai aucun talent pour cette activité. Pierre : (Toujours avec sympathie.) Si cela pouvait vous être utile, je pourrais demander à Élodie de vous donner quelques leçons. Je puis vous assurer que c’est un excellent professeur… même pour quelqu’un qui, comme moi, pourrait se vanter… Paul : Je vous remercie. Mais cela ne m’intéresse pas tellement…. Pierre : (le regarde) Pourtant, vous n’êtes pas si vieux… et il n’est jamais trop tard pour commencer. Paul : Cela ne m’a jamais vraiment intéressé. Pierre : Pourtant, vous avez bien une fille, Catherine, à moins que… Paul : Catherine est plutôt comme MOI . Ça ne l’intéresse pas beaucoup non plus. Pierre : Cela m’étonne que votre fille n’ai pas été convertie par Vercingétorix . Parce que lui, ça l’intéresse beaucoup. Et là-dessus, on pourrait dire qu’il tient de son père… enfin, qu’il tient de moi ! Paul : Ma femme a bien essayé de l’intéresser. Elles ont même fait certaines expériences ensemble. Mais ça n’a jamais eu de suite. Pierre : Je commence à comprendre pourquoi Vercingétorix voulait que nous nous rencontrions. Paul : D’ailleurs, je l’ai souvent taquiné en lui disant qu’il venait chez nous plus pour ma femme que pour Catherine. Pierre : En attendant que la situation technologique de notre ascenseur s’améliore, je pense que nous allons déboucher une bouteille tout de suite. (Il ouvre une bouteille et en boit une rasade.) Vous en voulez ? Paul : Non merci. Si ma femme l’apprenait, elle ne me le pardonnerait jamais. Le rituel du vin à table est, pour elle, aussi important que la préparation des plats. Pierre : Votre femme aime aussi la cuisine. Paul : Elle n’aime que cela. Pierre : Ça et… Paul : Que ça ! Pierre : Mais vous me disiez tout à l’heure que… Paul : Je vous disais que c’est une fine cuisinière. Elle mériterait même le titre de Maître-queux. Mais moi, j’ai horreur d’éplucher, de couper, de peser, de doser les proportions, de touiller… Pierre : (Il referme la bouteille de vin. Il n’en a plus besoin.) Ah, vous parliez de cuisine. Et moi, je pensais que… Paul :(en continuant son propos) Et ma fille Catherine en a aussi horreur …peut-être parce que ma femme est trop possessive de son art et qu’elle n’a pas su ou voulu transmettre son talent… Pierre: Oui, c’est vrai. On constate cela chez certaines personnalités. Il est rare que les enfants embrayent sur la carrière de leurs parents, et surtout avec autant de génie. Paul : Votre fils Vercingétorix s’illusionne un peu trop sur les talents de Catherine. Elle ne tient pas du tout de sa mère. Ma femme ne vit que pour la cuisine. Elle se fait MÊME un plaisir d’aller cuisiner chez ses amis qui reçoivent à dîner. Elle a une telle réputation que les gens réservent ses services plusieurs mois à l’avance. Pierre : Ça ne vous gêne pas ? Paul : Elle me rapporte les restes des repas que je mange le jour suivant au bureau. Pierre : Et le soir, vous êtes seul ? Paul : J’ai tellement de travail au bureau. Nous nous retrouvons en fin de soirée pour goûter ce qu’elle a préparé. Elle me dit que je suis son meilleur sujet d’expérimentation Et elle me raconte les derniers potins de la ville. C’est incroyable ce qu’on peut apprendre dans ces soirées, même quand on est à la cuisine. Pierre : Moi, je ne vais jamais dans les cuisines. Paul : Mais, par contre, il m’est arrivé de surprendre ma femme devant ses fourneaux, Elle hume les vapeurs du bouillon jusqu’à s’en brûler le menton. Elle trempe deux doigts dans la sauce et quand elle goûte, …avec volupté, ses yeux deviennent lumineux, elle atteint l’extase… J’adore ces moments, que dis-je, j’idolâtre ces instants. Et quand j’en ai hélas rarement l’occasion, je me place dans un coin pour assister discrètement à ce spectacle de jouissance animale. Pierre : Vous me décrivez-là une personne très sensuelle. Paul : J’ai l’impression de rentrer par effraction dans une partie très intime de sa vie où elle est en pleine érotisme culinaire. Pierre :(très dépité) Je ne mange jamais à la maison.… Je rate peut-être quelque chose?… Je suis toujours en repas d’affaires. Paul : Vous devez quand même avoir quelques soirées de libres à passer à la maison ? Pierre : Pratiquement jamais… Enfin… quand j’en ai, je n’en ai pas. Paul : Je ne comprends pas très bien. Pierre : Quand j’ai une soirée de libre, je ne la passe pas à la maison. Je vais chez Élodie. Paul : Élodie, Élodie …Ah oui…Et votre femme… (il cherche le prénom) Pierre : Marie-Ange. Paul : Marie-Ange … elle ne se plaint pas de vos absences ? Pierre : Est-ce que vous vous plaignez des absences de votre femme ? Paul : Mais elle, ce n’est pas pour aller voir un autre homme. Pierre : Qu’est-ce que vous en savez ? Paul : Elle aime trop la cuisine pour… Pierre : Marie-Ange est convaincue que j’aime trop les affaires pour… Paul : Il y a quand même une question de confiance… Pierre : Confiance ? Allons, allons, mon cher monsieur. Avec les femmes, ce n’est pas de confiance qu’elles ont besoin, mais de sécurité… de sécurité dans leur confort. Tout ce qu’elles veulent, c’est qu’on leur assure le confort. Tant que le déroulement quotidien n’est pas mis en péril par la présence d’une rivale, elles ne s’inquiètent de rien. Paul : Elle ne craint pas qu’Élodie ne devienne la no 4 ? Car je suppose qu’elle n’ignore pas son existence. Pierre : Les deux femmes se sont déjà rencontrées. Il ne faut pas oublier l’ordre dans lequel les choses se sont passées. Valérie est devenue la no 3 quand la no 2 est partie. Et la no 2 l’était devenue quand la no 1 était elle-même partie. Ce n’est pas moi qui provoque le changement. Moi, monsieur, je suis un homme fidèle. Je n’ai jamais quitté personne. Si je garde une future et possible no 4 dans le paysage, elle ne représente pas un danger pour la no 3, mais une assurance pour moi. Je ne veux pas me retrouver tout seul à la maison. Alors je me la garde sous le manteau. Paul : Si vous passez tout votre temps à l’extérieur, pourquoi tenez-vous à ce qu’il y ait une femme à la maison ? Pierre : (avec un grand sérieux) J’ai besoin de stabilité. Paul : Un homme d’affaires comme vous devrait détester la stabilité. Pierre : Si je suis dans les affaires, c’est bien malgré moi. Je voulais être instituteur. Comme mes parents n’étaient pas riches, ils avaient décidé que de me lancer dans les études n’étaient pas un bon investissement à court ou même à long terme Paul : Vous avez dû souffrir de ce manquement? Pierre : Oui au départ,… et non à l’arrivée. Paul : Comment cela ? Pierre : Eh bien, je me suis aperçu que bon nombre de mes anciens amis, bardés de diplômes n’avaient pas pour autant de vie plus agréable. Surtout que l’un deux m’a confié un jour, voyant passer un super 4X4, vitres teintées, plein de bombasses, conduite par un gars, lunettes noires genre rappeur, me dire “Tu vois, si j’avais raté mes examens, j’aurais pu, peut-être, devenir celui-là” Paul : Vous auriez voulu être dans le show-biz? Pierre : Être connu, non. Mais travailler dans le domaine du rêve, oui! Paul : Vous vous sentez d’une nature artistique? Pierre : Artiste non, mais c’est en tant que marchand d’utopie et de phantasme que l’on gagne le mieux sa vie; le rappeur, ou le dealer de schit sont des marchands de rêve. Ils s’en sortent beaucoup mieux que les vendeurs de hot-dog Paul : De ce point de vue, un instituteur distribue plus de contraintes et d’efforts à faire que d’espaces paradisiaques. Vos études “volées” ne vous ont donc pas manqué. Pierre : Non, j’ai été un peu étudiant, il fallait bien que je travaille durant les week-ends. C’était dans une boutique de vêtements pour enfants. Puis vous savez comment va la vie. D’une chose à l’autre, je me suis retrouvé à la tête d’une chaîne de trente boutiques de vêtements pour… animaux. Paul : De vendeur dans une boutique de vêtements pour enfants à propriétaire de trente boutiques de… vêtements… pour animaux. Ah oui… ah oui… ah oui Pierre : La boutique pour laquelle je travaillais s’appelait « Baby Love ». Quand le propriétaire est mort, j’ai dû épouser sa veuve pour garder mon emploi. C’était la no 1. Deux ans plus tard elle est partie vivre en Australie avec un de mes confrères de l’École Normale. Aujourd’hui, j’ai l’habitude. Mais c’était la première fois que je me faisais jeter. Ça m’a un peu déprimé. Ma femme m’avait laissé la boutique. Mais je n’avais plus le goût… Paul : Il y avait trop de souvenirs dans la boutique ? Pierre : Dans la boutique ?… Non ! Mais des souvenirs de libido. Et surtout l’avenir de ma libido. J’avais la libido… insécure. Heureusement que j’ai rencontré no 2. Paul : La mère de Vercingétorix ? Pierre : Elle est venue dans la boutique pour acheter un vêtement pour son fils. Paul : La mère et le garçon vous ont séduit ? Pierre : Non, c’est l’iguane. Paul : L’iguane ? Pierre : No 2, la mère de Vercingétorix, est entrée dans la boutique tenant en laisse un iguane. Celui-ci s’est faufilé sous un ciré jaune. Juste sa tête en sortait. Ça faisait une harmonie parfaite. No 2 et son gamin, ils étaient en extase devant ce spectacle. L’iguane devenait magnifié. C’était génial. Des vêtements pour les animaux ! « Baby Love » pouvait devenir « Bê-bête Love ». J’ai fait une fortune. Cela a redonné confiance à ma libido. Et comme la mère de Vercingétorix était libre… Elle devenue la no 2. Et c’est ce succès qui, malheureusement, m’a empêché de devenir instituteur. Paul : C’est curieux. Je ne voulais pas particulièrement devenir instituteur. Mais la vie a fait que je le suis devenu et… que je le suis resté. Pierre : On ne peut pas toujours réaliser ses rêves de jeunesse. Surtout quand nos parents n’ont pas assez d’argent pour… Paul : Non, non. Ils en avaient trop. C’étaient de riches commerçants. Ils voulaient absolument que je fasse une École de commerce. Mais moi, j’ai fait l’École Normale. Alors j’ai quitté la maison… Pierre : Je vous envie. Moi, je voulais être instituteur parce que mes parents me disaient que c’était un emploi stable. Je ne voulais pas être comme mon père qui a passé sa vie à chercher de l’emploi d’une usine à l’autre. Vous, ce n’était pas cela. Vos parents étaient à l’aise financièrement. Et vous, vous quittez le confort de leur maison pour réaliser votre idéal… Paul : Je ne voudrais pas vous décevoir. Mais c’était pour suivre une jeune fille dont j’étais follement amoureux… Comme elle allait étudier à l’École Normale… Pierre : Vous êtes allé à l’École Normale pour suivre une femme ? (caricatural) Comme c’est romantique ! Paul : (comme en s’excusant) C’était mon premier amour. Pierre : Ah, le premier amour ! Les autres qui suivent n’ont jamais la passion… Paul : Je ne sais pas. Je n’en ai jamais eu d’autre. Pierre : Mais votre femme ? La cuisinière ? Paul : C’est elle. Pierre : Vous n’avez jamais aimé d’autres femmes ? Paul : Non. Celle-là me plaît bien. Pierre : Je comprends qu’elle fait bien la cuisine. Mais il y a autre chose que le steak dans la vie ! Paul : Nous échangeons beaucoup. Le soir, quand elle rentre, elle me raconte sa soirée à la cuisine et moi, ma journée à l’école. Pierre : Le steak et la communication, ça ne fait pas des enfants bien forts ! Paul : (un peu vexé) Je vous assure que notre fille a été très bien nourrie. Et que nous avons veillé à sa santé aussi bien intellectuelle que physique. A chaque soir, à la fin de notre échange, nous parlions toujours de Catherine. Nous n’allions pas au lit sans être certains que nous étions de même avis à son sujet. Pierre : Ah quand même… vous alliez au lit ! Paul : Je sais bien que vous autres, les gens d’affaires, vous pensez que nous, les fonctionnaires, nous passons nos journées à dormir. (Pierre fait un vague geste de la main, niant…) On va quand même au lit… le soir. Pierre : (Voulant quitter ce dernier sujet) Vous me parliez de votre fille. Paul: Pour qu’elle soit une femme accomplie, nous avons veillé à ce qu’elle fasse de la cuisine, de la couture, de la flûte, du tennis... Pierre : ...de la tapisserie …Mais pas de pâtisserie!… même si je regroupais toutes mes femmes, je n'y trouverais jamais autant de compétences... votre fille ne doit pas avoir beaucoup de temps libre? Paul : Pourquoi dites-vous cela? Pierre: Mais avec toutes ces activités.... Paul : Quelles activités ? Pierre : Mais toutes celles que vous avez mentionnés: la cuisine, la couture, la ... Paul : Non. C'est ce qu’on lui a appris. Pas ce qu'elle fait. Ce sont des ressources potentielles. Elle les ménage, ses réserves ... (sentant une certaine critique chez l'autre). Et votre fils, je suppose que, lui aussi, il a des ressources ? Pierre : Pour mon fils, c'est d'abord et avant tout les études. Paul : Ma fille m'a parlé de génie mécanique... Pierre : C'est vrai, qu'en mécanique, c'est un petit génie... Il passe tout son temps à démonter des moteurs de motocyclettes. Paul : Il a tant de motos que cela ? Pierre: C'est un de nos voisins, celui du troisième, qui les lui fournit. Paul: Les motos ? Pierre: Non, les moteurs.. Déjà que sa chambre est encombrée... Paul: Il démonte les moteurs dans sa chambre ? Pierre : Il en a partout. Même dans son lit... Paul : Je comprends que, pour le reste, il soit toujours rendu chez nous. Pierre : J'espère que votre fille aime les moteurs ? Paul : Oh vous savez, elle s'intéresse à peu près à tout... Mais il y a une chose que je ne saisis pas bien: d'où proviennent ces moteurs ? Pierre : Je vous l'ai dit tout à l'heure : du troisième. Paul. (après un temps de réflexion) Ca y est. Vous avez un voisin garagiste et votre fils l'aide à réparer les moteurs? Pierre: Non, mon fils, démonte les moteurs... le voisin travaille dans l'export-import... Paul : Votre fils démonte les moteurs ? Il ne les remonte pas ? Pierre: Pourquoi passer du temps à démonter quelque chose, si c'est pour le remonter ? Le voisin fait le commerce des pièces détachées. Il a eu une idée brillante : il a constaté qu'un moteur assemblé vaut moins cher que l'ensemble de ses pièces vendues individuellement. Paul : Il fait des études ? Pierre : Génie. Paul : Arrêtez. Ver-singe est sympathique. Mais, génial ? Pierre : Vercingétorix est EN génie mécanique. Il poursuit des études supérieures depuis 5 ans. Paul : 5 ans de génie ! Il devrait donc bientôt être ingénieur ? Pierre : Cela dépendra du temps qu'il fera dans son école. Celle-ci semble lui plaire un peu plus que les autres. Paul . Il en a fait beaucoup d’autres ? Pierre : Il n'y a pas beaucoup d'écoles qui n'ont pas connu Vercingétorix. Mais Vercingétorix ne connaît pas beaucoup de choses de ce qu'on y enseigne; Il y a comme un manque d'atome crochu entre l'école et lui. Mais je ne peux pas dire qu'il ne fait pas d'effort. D'autres auraient changé de domaine. Lui, il tient à rester dans le domaine du génie “mécanique”. Paul ; Ma fille, elle, est plutôt stable. Elle est à la même université depuis 8 ans. Pierre : Elle doit être rendue au doctorat ? Paul: Elle a plutôt choisi d'approfondir son domaine. Elle a commencé par des études en philosophie. Puis elle a choisi une branche spécialisée en psychologie. De là, elle s'est surtout intéressée à la sociologie, qui l'a menée tout naturellement à la politologie. Elle mène présentement une étude approfondie des notes de bas de page de la version croate du Journal d'enfance de Karl Marx. Pierre : Moi j'ai connu le fils d'un ami qui a commencé en psychologie, puis en sociologie, en criminologie et finalement en carcérologie. Paul : C'est la première fois que j'entends parler de carcérologie. Pierre :; Ce sont les sciences pénitentières vues de l'intérieur. Paul : Vous voulez dire qu'il a fini en tôle ? Pierre : Le juge l'a condamné à suivre un programme d'ajustement social... du moins, c'est ce que son père nous a dit ! ... Vous savez comment sont les pères ? Paul : De nos jours ; c’est difficile pour tout le monde d’être parent. Pierre : Oui vous avez raison. C’est difficile d’être parent… surtout quand on n’est ni le père ni la mère. Paul: Dites. Est-ce que, lors de l’aménagement de cet ascenseur, vous auriez, à tout hasard, prévu un petit coin toilettes. Pierre: Je regrette. Il n’y a pas de toilettes, ni salle de bain d’ailleurs…. Ni de cuisine… Parce que vous… Paul : Je sens monter en moi comme une envie. Pierre : On peut peut-être vider une bouteille de vin pour… Paul : Ah non ! Ah non! Ah non! Sachez, monsieur, qu’avec l’éducation que j’ai reçue, il m’est impossible d’uriner dans… Pierre : Oui. Mais, hélas, je ne dispose pas de toilettes. Paul : Auriez-vous une canette de cola ? Pierre : Heu… oui. Vous avez soif? Paul : Non, mais pour moi, avec mon éducation, pisser dans une bouteille de Bordeau, c’est un sacrilège. Mais dans une bouteille de cola, c’est un vrai défoulement ! Paul : Et puis, on en aura moins à boire. Pierre : Vous me paraissez un tantinet anti-américain. Pourtant je crois bien que Vercingétorix m’a dit que vous étiez de nationalité américaine Paul : Oh non ! Oh non ! Oh non !,… Enfin, oui. J’ai été “ENLEVÉ” par les Américains dès ma naissance. Pierre : Enlevé ? Comment ça ? Paul : Mes parents habitaient une petite bourgade au sud du Québec près de la frontière. Lorsque ma mère a eu les premières douleurs, elle était seule chez elle. Mon père était en déplacement. Impossible de le joindre. Elle a dû appeler les voisins, Et, le temps qu’une ambulance arrive, j’étais déjà au contact de ce monde. L’ambulance nous a amenés à l’hôpital le plus proche… l’autre côté de la frontière. Dans l’esprit de tout le monde, j’étais Québécois puisque sorti du ventre sur le sol québécois., Mais pas dans l’esprit des Américains. C’est le placenta qui compte. Et celui-ci, hélas, a vu le jour dans l’hôpital. Après 7 jours de tractation, ce sont les Américains qui ont eu gain de cause… comme toujours… C’est pourquoi, quand ma femme est tombée enceinte, nous nous sommes assurés d’être du bon côté de la frontière… Pierre : Moi, je n’ai pas eu à prendre ce genre de précaution… …je n'en ai même pas un... du moins, pas un a moi. Paul : C'est vrai. Vercingétorix est le fils de votre deuxième femme. Mais la paternité ne se limite pas seulement à mettre un enfant au monde. Elle consiste aussi à aider l'enfant à lui apprendre le monde. Pierre : J'aurais bien aimé lui apprendre le monde. Mais je n'ai jamais su par quel bout du monde commencer. Paul : Surtout pas par la fin ... Pierre : Je ne voulais surtout pas que ça finisse... que sa mère vienne le rechercher...car ça aurait été la fin de mon monde. Paul: Il est si important que cela pour vous ? Pierre: Oui j'aimerais tant qu'il me succède dans ce que j'ai de mieux. Paul: Il est certain qu'après tant d'années passées avec vous, il doit avoir certaines de vos qualités... Pierre: Mes qualités ?... Je crois que je suis un très bon négociateur. Je crois que je pourrais même être capable, un jour, de négocier la vente de la Tour Eiffel. Paul : Négocier la vente de la Tour Eiffel ? Pierre : Tout se négocie.: les marchandises, les honneurs, les amitiés... Paul : Qu'a pu négocier votre fils avec ma fille ? Pierre : Ça vous inquiète ? Paul : En fait, ça ne me concerne pas... mais ça m'inquiète. Vous, ça ne vous inquiète pas ? Pierre : Non. Je connais bien mon fils. Vous savez: votre fille n'est pas la première. Je dois dire qu'il a un jugement sûr en ce domaine. D'ailleurs, j'ai pu vérifier moi-même son jugement. C'est lui qui m'a recommandé Élodie, la fille qui est devenue ma secrétaire... et ma maîtresse de réserve au cas où... C'est lui qui l'avait levée au départ. Paul : Elle a été sa copine avant d'être votre maîtresse ? Pierre : Voyez comme c'est bizarre. A son âge, c'est une copine, et au nôtre, c'est... Paul : J'espère que ma fille ne sera pas la suivante. Pierre: Mais elle l'est déjà... la copine de mon fils....D’ailleurs, Vercingétorix n'est pas un mauvais négociateur. Vous ne devineriez jamais ce qu'il m'a négocié pour la secrétaire... ? Paul : Et pour ma fille ? Pierre: C'était justement pour votre fille ! Il m'a marchandé un appartement contre la secrétaire. Et c'est après cela que j'ai appris qu'il allait vivre dans cet appartement avec votre fille qu’il m'avait cachée jusque-là. Paul : Il avait peut-être peur que vous ne la lui preniez... Pierre: Jamais dans ce domaine, c’est une question d’honneur. Je n’aurais pu faire cela. Paul : Elle est trop jeune ? Pierre: Non, ce n'est pas une question d'âge. Mais bien de déontologie. Je ne prends jamais ce qui ne m'est pas offert ... Là, ce qui m'ennuie, c'est que j'ai payé cher quelque chose dont l'autre ne voulait plus. Paul : Bien d’accord pour qu’ils partagent le même appartement. Il y a longtemps que ma femme souhaite transformer la chambre de Catherine en bibliothèque pour ses livres de cuisine. Pierre : J’espère que votre fille aime vivre parmi les morceaux de moteur. Paul : Je crois que je ferais mieux de dire à ma femme de ne pas transformer la chambre tout de suite. Pierre : Ils ont pourtant l’intention de se marier. Paul : C’est pour ça qu’ils veulent qu’on se rencontre ? Pierre : Vercingétorix tient à sa Porsche. Paul : C’est comme ça qu’il appelle ma fille ? Pierre : Non. Il rêve d’avoir une Porsche, comme la mienne. Je lui ai dit qu’il en aurait une le jour de son mariage. C’est son moteur préféré. Paul : Vous trouvez que c’est une bonne raison pour se marier ? Pierre : Que voulez-vous de plus ? C’est un mariage de passion. Paul : De passion pour un moteur de Porsche ! Pierre : Et vous, pourquoi pensez-vous que votre fille voudrait se marier ? Paul : Je ne sais. (après avoir cherché) Je me souviens tout à coup d’une conversation avec elle, l’autre soir. .. Elle se plaignait qu’à l’Université, les beaux gars hésitaient à faire des avances à une femme qui pourrait chercher à leur mettre le grappin dessus. Elle a même ajouté que pour vivre des aventures intéressantes, il fallait probablement être marié. Cela ferait moins peur. Pierre : Tiens, on entend le bruit d’un moteur. L’ascenseur va d’abord nous ramener à l’entrée. Puis nous pourrons monter et retrouver nos femmes. Paul : Ça vous tente vraiment de recommencer cette conversation et de passer la soirée à parler d’aménagement d’appartement ou d’organisation de mariage ? Pierre : Pas vraiment ! … (silence) Vous ne seriez pas intéressé de rencontrer Élodie ? Elle fait aussi très bien la cuisine. Ça pourrait vous donner une autre vision des… choses. Paul : Et nos femmes ? Pierre : J’ai un téléphone dans l’auto. On va leur dire que j’ai une urgence au bureau. Que je vous ai rencontré et que je vous amène avec moi. Paul : Je pense que nos femmes vont très bien organiser ce Mariage. On y va dans votre Porsche ? Pierre : Ça fait une différence ? Paul : Cher ami (bras amical sur l’épaule). Il y va de l’avenir de ma fille ! Pierre : Et de mon fils Vercin... ge ! (Ils sortent de l’ascenseur.)

lundi 19 décembre 2016

LES OPINIONS PUBLIQUES : nouvelle matière à l'école

Deux sociétés de sondage de l'opinion publique arrivent à des résultats fort opposés quant à l'appui des Québécois au gouvernement du docteur Couillard. La blogosphère s'énerve. On ne peut expliquer cette différence. Pourtant les universitaires qui travaillent dans ce domaine ont, depuis longtemps, signalé que la méthodologie d'une observation influence grandement ses résultats. Il faudra donc insister pour que, dans les écoles, on enseigne non seulement les mathématiques ou l'écriture, mais la compréhension des enquêtes d'opinion publique.

vendredi 14 mars 2014

SON IMAGE SUR LES RESEAUX SOCIAUX, selon Michel Dumais

Dans sa chronique du Journal de Montréal (14.03.14), Michel Dumais rappelle la prudence qu'il faut garder dans nos expressions sur les réseaux sociaux en partant d'exemples tirés des malheurs de certains candidats de la présente campagne électorale au Québec.

un extrait:

"Nettoyer sa réputation en ligne

Cela dit, il est possible de javelliser sa réputation en ligne. Des sociétés spécialisées dans la remise à neuf de la crédibilité virtuelle se chargent, contre rétribution, de faire le ménage sur Internet et les médias sociaux.

Le processus peut être long, laborieux et surtout onéreux. Mais, à terme, il est possible de se refaire une quasi-virginité sur Internet.

Reste que la règle d’or pour quiconque voulant joindre les médias sociaux est la même, depuis toujours: «Ce que vous voulez publier en ligne, êtes-vous à l’aise de le dire ou de le montrer à une foule de 20 000 personnes par exemple?» Si la réponse est oui, allez-y et assumez. Si la réponse est non, abstenez-vous.

Vous venez sans doute d’économiser beaucoup ­d’argent à payer une compagnie qui s’affairera à rétablir votre crédibilité en ligne."


mardi 30 juillet 2013

LE DESTIN SYNCHRONISÉ

A chaque fois que j'emprunte une voie urbaine dont les carrefours que l'on croise sont équipés d'une série de feux de circulation synchronisés, je comprends que l'on veut ainsi pénaliser par des feux rouges les chauffeurs délinquants qui ne respectent pas la limite de vitesse imposé. Ceux qui, bons citoyens, suivent la norme de vitesse proclamée par les gestionnaires du bien commun, se voient récompensés par des passages au vert  sans aucun arrêt dans leur cheminent. 

Pourrait-on synchroniser les étapes de nos destins ? 

samedi 27 juillet 2013

LA VRAIE VIE et son contrôle selon un lecteur de WIRED

Revenant sur un article publié dans le précédent numéro, Carter Burke, un lecteur du magazine WIRED, a envoyé ce commentaire (publié dans le numéro de décembre 2012) dont voici un extrait (ma traduction):

"Imaginez un monde dans lequel tous les objets que vous souhaiterez utiliser dépendront (1) d'une puce et (2) d'un logiciel - les deux pouvant et allant tomber en panne et aucun d'eux ne pouvant être réparé par le commun des utilisateurs. Si on parle de "contrôle" (l'article parlait de pouvoir contrôler son environnement grâce à ces objets), et je reconnais que cela puisse être un grand progrès - il faut bien se demander qui contrôlera quoi. Des entreprises vont construire et entretenir cette quincaillerie; ce ne sera pas "nous"! Des entreprises vont écrire ces logiciels; ce ne sera pas "nous" !

vendredi 26 juillet 2013

LE MAUVAIS SAUVAGE (presque) selon le pape François

Mes lecteurs savent que je pratique "l'anti Rousseau" , c'est-à-dire que je crois au Mauvais Sauvage (et non au "bon sauvage" de cet illuminé égocentrique). L'homme nait égoïste et conquérant, c'est la société qui le civilise par le contrat social négocié et renégocié au cours de sa vie.

Lors de son discours dans une favéla de Rio (25 juillet 2013) le pape François a déclaré aux jeunes qui l'écoutaient:

"Vous êtes souvent déçus […] par des personnes qui, au lieu de se soucier du bien commun, se soucient de leur propre intérêt. Ne vous découragez jamais. La réalité peut changer. L’homme peut changer. "

Si l'homme peut changer pour le bien, c'est donc qu'il est... D'ailleurs, en vertu de la théologie chrétienne, l'homme nait avec la tache du péché originel...à lui de s'en sortir grâce au chemin balisé par le Christ... A chacun son explication... mais de la même réalité..


vendredi 19 juillet 2013

LE MAUVAIS SAUVAGE selon l’anti-Rousseau et l’accident de Brétigny

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je m’accroche à certains thèmes, comme celui de « partir ». J’ouvre un nouveau thème qui m’est cher : «l’anti Rousseau, la conviction que l’homme nait mauvais (égoïste et conquérant) et que c’est la société qui le civilise par la négociation des contrats, plus ou moins formels, de vie collective. Le « bon sauvage » ne serait donc qu’un mythe né dans l’esprit d’un homme pour lequel la V2 (la « Vraie Vie ») ne présentait aucun intérêt.

La meilleure preuve de cette théorie du « Mauvais Sauvage » (j’en réclame la paternité, en attendant d’avoir le plaisir d’apprendre que quelqu’un d’autre y a pensé avant moi… je ne serai plus seul…), c’est de signaler les cas où le sauvage n’est plus encadré par les règles et les mandataires du contrat collectif : les accidents, les grèves, les catastrophes…

EXEMPLE : Un rapport policier, révélé jeudi par Le Point et dont l'AFP a eu connaissance, fait état de vols d'effets appartenant aux victimes de l'accident. Même si ces vols n'ont pour l'heure pas donné lieu à plainte. Selon les auteurs de ce document, les membres de la compagnie de CRS 37 ont dû repousser, à leur arrivée à Brétigny, des «fauteurs de trouble» qui «avaient réussi à s'emparer d'effets personnels éparpillés sur le sol ou sur les victimes».

Le même jour, le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a déclaré n'avoir pas eu connaissance «de victimes dépouillées», faisant simplement état «d'actes isolés», «d'une personne interpellée», «d'une tentative de vol de portable» sur un secouriste, de «pompiers qui par petits groupes ont été accueillis de façon un peu rude». (20 minutes, 19/07/13)